mercredi 28 août 2019

Nantes et la mémoire vendéenne

J'ai eu l'occasion de visiter la ville de Nantes et notamment son musée d'histoire, très intéressant au demeurant mais qui m'a déçue pour une raison. Il y avait une seule salle, sur les 32 du musée, consacrée à la Révolution, et la moitié de cette salle était consacrée à la Révolution haïtienne. Autant dire que la période révolutionnaire, la Terreur, les guerres de Vendée ont été résumées de manière très succincte. Au vu du rôle qu'a joué Nantes durant ces années, je pense que des explications un peu plus détaillées n'auraient pas été superflues.
De manière générale, à part la croix de la place Viarme, et quelques plaques succinctes notamment devant l'ancien Entrepôt des Cafés, cette mémoire n'est pas réellement présente à Nantes.
En rentrant, j'ai donc rédigé ce texte ... Le premier vers est bien sûr directement tiré d'un spectacle, que certains reconnaîtront sans doute.

Le soleil se lève sur les toits d'ardoise,
Sur le quai de la Fosse un mémorial nous toise.
Amarrés ici, les navires qui pour l'Afrique partaient,
Et le sort de milliers d'esclaves ainsi scellaient.

En continuant notre chemin apparaît,
Sur une bitte d'amarrage une plaque encadrée
D'apparence modeste et de tous ignorée,
Telle la gardienne d'une tragédie oubliée.

Nantes, ville déchirée lors des guerres de Vendée,
Ville de la place Viarme où deux chefs sont tombés,
L'un visé par l'ennemi, mort un quatorze juillet,
L'autre trois ans plus tard, en héros, fusillé.

Ville aux sinistres prisons, du château du Bouffay
Au tristement célèbre Entrepôt des Cafés,
Ville qui vit commettre les pires atrocités,
Où périrent dans la Loire des milliers de noyés.

Combattants vendéens battus à Savenay,
Civils, après deux longs mois d'errance, prisonniers
Prêtres fidèles à Dieu avant la République
Tous connurent, malheureux, le même sort tragique.

Ayez une pensée, nantais et visiteurs,
Pour ceux qui périrent en ces années de terreur,
Leur seul mémorial est cette plaque, mais
La Vendée n'oublie pas, rien ne se perd jamais.

La Loire, à Nantes, depuis le pont Anne de Bretagne.

Sur les chemins de la mémoire

Depuis toujours pour moi, la Vendée était la région d'une partie de ma famille mais cela s'arrêtait là. Il y a trois ans aujourd'hui, la région a pris une autre dimension pour moi.
Il n'y a de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir, et j'en ai longtemps été une, je n'en suis pas fière mais c'est ainsi. J'ai toujours été passionnée d'histoire, je connaissais bien les faits mais je ne comprenais pas pourquoi, si longtemps après, la mémoire était encore vive.
Et puis j'ai pris une claque. Un spectacle n'a pas pour vocation d'être un livre d'histoire, mais de pousser les gens à ouvrir les livres d'histoire. C'est exactement ce qu'il s'est passé. J'ai pris une claque et ce jour-là, j'ai compris. J'ai compris ce que l'on avait voulu me faire comprendre auparavant déjà.
J'ai redécouvert ensuite, à travers les livres et les monuments, ma propre région, car l'histoire aide à comprendre le présent et ici particulièrement.
Et depuis, je veux moi aussi faire passer le flambeau. Je partagerai donc ici, au fil de mes découvertes, des photos, des récits, des textes concernant l'histoire de la région durant la période révolutionnaire, ainsi que des découvertes effectuées au fil des recherches généalogiques.
Je suis aussi sur Instagram sous le pseudo fillederome.
Bonne lecture!