samedi 17 novembre 2018

René Abélard, Saint-Aubin de Luigné (49)

René Abélard est né le 6 octobre 1777 à Saint-Aubin de Luigné. Il est le fils de Charles Abélard, métayer et de Renée Godineau, et le frère aîné de Jacques Abélard, né en 1781, et qui prit part aux combats en 1799-1800.
Il rejoint l'armée catholique et royale en 1793, à l'âge de 16 ans. Il combat dans la Grande Armée placée sous les ordres de D'Elbée, de La Rochejaquelein puis de Stofflet, et prend part à la Virée de Galerne. Il participe notamment aux batailles de Candé, Chateau-Gontier, Antrain, Dol-de-Bretagne, Entrammes, Avranches, Granville, Laval, à la bataille du Mans, lors de laquelle plus de 10 000 Vendéens perdent la vie en deux jours, les 12 et 13 décembre 1793, puis à la bataille de Savenay le 23 décembre.
Il survit à ce long périple de deux mois, mais en garde cependant des lésions. Sa demande de pension indique qu'il a des cicatrices aux pieds dues aux marches forcées qu'il fut obligé de faire. Il s'installe plus tard à La Jumellière, dans le Maine-et-Loire, où il réside en 1825.

Jacques Abélard, Saint-Aubin de Luigné (49)

Jacques Abélard est né le 1er avril 1781, à Saint-Aubin de Luigné dans le Maine-et-Loire. Il est le fils de Charles Abelard, métayer, et de Renée Godineau, son épouse et avait un frère, René Abélard, né en 1777 et qui prit part aux combats dès 1793.
Il perd ses parents durant la guerre de 1793-1796 puis prend les armes en 1799. Il est blessé à la bataille de Saint-Aubin de Luigné, ayant reçu plusieurs coups de baïonnette dans les reins. Lorsqu'il rédige sa demande de pension en 1825, il explique que ses blessures l'empêchent de travailler et donc de subvenir aux besoins de sa famille.
Il est marié à Marie Bompas avec qui il a au moins quatre enfants, René, né le 2 février 1814, Jean, né le 8 janvier 1816, Marie, née le 2 mars 1818 et Louis, né le 22 février 1820.
Extrait de la demande de pension:
"[...] Il fut blessé de plusieurs coups de baïonnette dans les reins étant de service au pont de Saint-Aubin de Luigné, ses honorables blessures lui causent de grandes douleurs par les changements de temps, et l'empêchent de vaquer à son travail qui est la seule ressource pour le faire exister lui et sa nombreuse famille, toute en bas-âge, réduite en ce moment à la misère. La perte de son père et de sa mère sacrifiés à la fureur républicaine dans le temps où l'influence révolutionnaire lançait ses ravages, les persécutions en tous genres que les républicains lui ont fait subir [...] le placent dans la catégorie de ceux désignés par l'ordonnance [...]"

Charles Abélard, Sainte-Christine (49)

Charles Abélard est né le 17 juillet 1777 à Sainte-Christine, dans les Mauges, dans le Maine-et-Loire. Il est le fils de Jean Abélard, métayer comme de nombreux habitants de la région, et de Marie Oger. A 16 ans seulement, il rejoint en 1793 l'armée catholique et royale et prend part aux combats. Il est blessé à la bataille de Vihiers, le 18 juillet 1793, suite à un coup de feu, et en conservera une cicatrice à la main droite. En 1825, lors de sa demande de pension, il réside à La Chapelle-Rousselin.

Mathurin Abeillard, Coron (49)

Mathurin Abeillard est né le 4 septembre 1774, à Coron, dans le Maine-et-Loire. Il est le fils de Mathurin Abeillard, tisserand, et de Michelle Chemineau, son épouse. Il prend les armes en 1793, à l'âge de 18 ans et prend part à la guerre de 1793 à 1796 ainsi qu'aux combats de 1799-1800 et 1815.
Entre 1793 et 1796, il sert comme soldat dans l'armée catholique et royale sous différents généraux, d'abord Cathelineau, premier généralissime de l'armée, puis d'Elbée, La Rochejaquelein et Stofflet. Il prend part entre mars et juin 1793 aux batailles de Coron, Vihiers, Thouars, La Chataigneraie, Fontenay, Montrueil, Saumur et Nantes. A la bataille de Thouars, le 5 mai 1793, il est le premier à monter à l'assaut. Il combat ensuite lors de la bataille de Cholet qui se solde par la défaite des Vendéens, puis prend part à la virée de Galerne, entre octobre et décembre 1793, appelée campagne d'outre-Loire dans les documents. Pendant ces deux mois, il combat à Laval, Fougères, Dol-de-Bretagne, Pontorson, Granville, puis à Angers, La Flèche, Le Mans et Savenay. Il est blessé par une balle à la tête à la bataille du Mans, les 12 et 13 décembre, mais cette blessure, relativement peu conséquente ne l'empêche pas de reprendre les armes en 1799-1800, dans l'armée de D'Autichamp, puis en 1815, cette fois au rang de sergent major, dans l'armée de La Bretêche, où il est légèrement blessé à Rocheservière. Il perd tous ses biens dans un incendie pendant la guerre, et est victime d'une maladie épileptique en raison du froid et du gel subis lors de la Virée de Galerne. En 1825, il réside au Longeron, dans le Maine-et-Loire.

Sources des informations et présentation

Il me semble important d'indiquer comment je procède et où je trouve les informations présentes ici.
Ces explications sont valables pour l'ensemble des informations.
Ce blog regroupe à la fois des articles liés à ma propre généalogie, sur plusieurs départements dans l'ouest de la France (actuelle région des Pays de la Loire et Deux-Sèvres) et des articles évoquant des soldats vendéens,  sans lien direct avec ma généalogie, pour l'instant principalement du Maine-et-Loire.
Quelques explications quant à cette deuxième partie : En 1824-1825, de nombreuses demandes de pensions ont été rédigées, soit par les soldats eux-mêmes s'ils avaient survécu, soit par leurs veuves. Évidemment, les soldats survivants ne représentent qu'une  partie du nombre total de soldats, mais en ce qui concerne les soldats tombés durant la guerre, principalement entre 1793 et 1796, peu de documents subsistent en dehors des actes de naissance, lorsque les archives ont pu traverser la Révolution.
L'ensemble des demandes de pensions de soldats du Maine-et-Loire a été numérisé et mis en ligne sur le site des archives départementales dudit département, d'où les informations proviennent donc
Il me semble également important d'expliquer brièvement l'intérêt de cela. Mon objectif ici est simplement, à mon modeste niveau, de tenter d'associer à ces combattants des noms, des vies, des destins, à défaut de visages, la période en question étant trop ancienne pour cela.
Pour qu'au terme générique de combattants, on associe des noms.
Pour que leur mémoire ne tombe pas dans l'oubli, qu'elle ne se perde pas.